Histoire de nos Eglises

Montigny-le-Tilleul et Mont sur Marchienne

D'après les notes de feu Jules Pouleur.

 

Montigny-le-tilleul    

Les assemblées des frères ont vu le jour en Angleterre en 1850 (open Brethren) ou Plymouth Brethren. Leurs principes, leur ecclésiologie et leur histoire sont relatés de façon détaillée dans plusieurs ouvrages.

                Il n'entre donc pas dans notre propos de répéter ce qui a été dit excellemment dans ces ouvrages.

                Le mouvement dit des Assemblées des frères larges représente un essai de revenir en toute simplicité à l'enseignement du Nouveau Testament sur les plans de la doctrine et de la vie pratique d'assemblées locales.            

                Au début de 1854, Casimir Marie Gaudibert, né à Malancène (Vaucluse) le 4-3-1823 et décédé à Vaison-la-Romaine (Vaucluse) le 9-6-1901, venant de France fut engagé par la Société Missionnaire Belge à Fontaine-L’évêque, à la suite du décès du pasteur. Il y avait à Fontaine-L’évêque depuis 1837 un poste de la Société Évangélique Belge.  Cette société a connu son réel développement sous l'impulsion de Monsieur Panchaud, pasteur et aumônier de l'Asile d'Echichens. Il arriva à Bruxelles en 1839 et devint président du synode de l'Église chrétienne missionnaire belge. Il avait vivement souffert des conséquences de ses sympathies pour les dissidents dans son pays. Casimir-Marie Gaudibert était âgé de 31 ans lorsqu'il prit ses fonctions à Fontaine-L’évêque. C'était un érudit connaissant le Grec et l'Anglais. Il était astronome et ami de Flammarion qui fit reproduire sur les cartes de la lune, le cratère Gaudibert suite à sa découverte. Ce cratère porte toujours actuellement ce nom. Il était connu dans la région comme "le Pasteur astronome". Il se maria a l’age de 25 ans, le 16-6-1848 à Jersey avec Marion Roddis (20 ans) de Londres. Singulièrement doué pour expliquer la Parole de Dieu, il était avant tout Prédicateur de l'Évangile. Son don de connaissance du Saint Livre était très apprécié dans les paroisses qui lui étaient confiée.

                Le 14 septembre 1854, il fut appelé à remplacer Monsieur G.Poinsot, Pasteur à Charleroi. Il parla sur la parabole du Levain, enseignant que dans la Bible, le levain représente un principe mauvais.

Cela fit du bruit et mit mal à l'aise un certain monsieur Keller, membre du consistoire qui s'en plaignit dés le lendemain à son pasteur. Monsieur Poinsot écrivit une lettre à Monsieur Gaudibert lui demandant réparation pour cet enseignement darbyste donné à son troupeau.

                Monsieur Gaudibert répliqua qu'il était prêt à accepter des réformes sur son interprétation pour autant que celles-ci soient conformes à son enseignement. Monsieur Poinsot transmis alors sa lettre et la réponse de Monsieur Gaudibert au comité de la société missionnaire à Bruxelles. Ce comité écrivit à Monsieur Gaudibert lui ordonnant de venir se présenter devant eux afin d'être entendu. Il refusa de se soumettre à cet ordre sans connaître le motif de l'appel à comparaître. Le comité lui écrivit une seconde fois dans le même sens, mais un nouveau refus lui fut adressé pour la même raison.

                Le 27 Octobre 1854, Messieurs Planchaud et Durand, délégués du comité, vinrent à Fontaine-L’évêque annoncer à Monsieur Gaudibert la rupture des relations de la Société missionnaire belge avec lui. C'est au milieu de beaucoup de difficultés et de bien des souffrances, lot fréquent de ceux qui veulent rester fidèles à la Vérité ; qu'il continua dans l'entière dépendance de Dieu, à instruire ceux qui désiraient rester attachés aux enseignements de l'Écriture et appréciaient son ministère.

Après sa démission, il déclara à l'assemblées à peu près en ces termes : "Que tous ceux qui apprécient mon ministère me suivent, je tiendrai des réunions ailleurs" ; tous se levèrent et le suivirent à la seule exception du bedeau. C'est ainsi que les réunions se poursuivirent régulièrement dans les 5 points de rencontres suivants :

-   Fontaine-l'évêque : Le dimanche matin et le jeudi soir. 45 personnes environ.

-   Leernes : Le lundi soir : 35 personnes environ.

-   Landelies : Le dimanche soir : 40 personnes  environ.

-   Leers et Fosteau :  Le dimanche matin : 25 personnes environ, dans une chapelle construite a

     cette effet par le marquis d'Aoust ; après sa mort le groupe fut désintégré par une terrible

    persécution.

-   Montigny-le-Tilleul - le dimanche après-midi et une fois par quinzaine en semaine : 45 personnes   

environ. Tous les déplacements se faisaient à pied et il faut ajouter au service pastoral, la surveillance de l'école protestante et l'entretien de la parcelle réservée aux protestants dans le cimetière ! 

                Étant donné (je cite) : qu'à la S.E.B. le culte avec communion n'était célébré qu'en certaines occasions, la première question mise à l'étude a été de savoir si le souvenir de la mort et de la résurrection du Seigneur chaque dimanche, auquel il fallait ajouter la collecte, n'était pas l'élément fondamental de l'Église, en y ajoutant l'enseignement et les prières. Ceci fut reconnu par tous et approuvé comme essentiel, avec une grande joie par tous ces croyants.          

                                Cette décision trouva son application dans l'immédiat et le dimanche 5 novembre 1854, à Montigny-le-Tilleul naissait la première assemblée autonome. 

                Un frère nommé François Daumery, habitant au numéro 70 (actuel) de la rue de Bomerée, (place du Warchais) mis sa maison à la disposition du Seigneur et de ses frères. Une salle de réunion fut aménagée au 1er étage de cette maison. Il était charbonnier et travaillait à la mine.                                     

                La communauté d'alors se composait de petits cultivateurs, charbonniers, travailleurs du fer, un cordonnier et une famille qui tenait boutique. Monsieur C.M. Gaudibert, lors de sa destitution avait charge de famille et se trouva subitement sans ressources. Mais le Seigneur n'abandonne jamais les siens.

Des dons substantiels lui furent adressés par Monsieur G. Muller de Bristol (Grande-Bretagne), ce qui selon un rapport de l'époque, (je cite) permit à cet évangéliste, peut-être sincère disciple, de propager ses vues assez strictes sur la repentance, le salut personnel, le baptême, le retour du Seigneur, etc. ...

                Pendant ce temps, l'Église se développe spirituellement, les frères sont à même d'entretenir le troupeau, d'enseigner la Parole de Dieu. 

                Vers 1855, C.M. Gaudibert qui avait perdu sa compagne, déménage et de se fixer à Jumet (Golisseau), continue son travail de pionnier, installe une imprimerie, rend témoignage à l'Évangile et une nouvelle assemblée se crée à Jumet (Bayemont). En 1873, il reprend le chemin de son pays avec sa nouvelle compagne (sœur de la première) laissant les chrétiens de la région fondés et affermis dans la foi et les saintes écritures, capables d'administrer l'Église.     

                Il avait fondé en 1856 une assemblée à Jumet Bayemont qui, à son départ,  comptait  80 membres et en 1854, celle de Montigny qui en comptait 15.                  

Ces assemblées étaient composées de jeunes croyants pleins de zèle et fermement établis dans les vérités fondamentales de la foi. Parmi les jeunes croyants, son fils G.F. Gaudibert continua l’œuvre surtout à Jumet Bayemont.

                A Montigny-le-Tilleul, il y a eu jusqu'à présent 5 lieux de rassemblement des croyants évangéliques et ce dans les endroits suivants :

-Chez François Daumery, 70 rue de Bomerée          50 ans.

-Chez Edmond Daumery, 48 rue de Marchiennes

et Chez Victor Huart, 135 rue de Marchiennes          7ans.

-Chez Aimé Daumery,

  80 rue de Bomerée     (Warchais)                            45 ans.

-Dans la Chapelle actuelle (1956)                              63 ans.

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                                                                                     165 ans.